Préambule
1 Les causes anatomiques
2 Les causes liées à notre mode de vie
3 Causes traumatiques
Pourquoi ? Parce que des millions de Français souffrent de douleurs rachidiennes et qu'il est prouvé qu'une gymnastique préventive spécialisée est un moyen efficace pour limiter le MAL DE DOS.
Plusieurs
études effectuées aux quatre coins de la planète arrivent à la même
constatation : c'est plus de 80% de la population qui est concernée par
les problèmes de dos .
C'est ce qui a conduit certains auteurs à dénommer ce mal comme étant « le
mal du siècle», tant il est vrai qu'il apparaît comme récent, et que l'on n'
arrive pas à l'endiguer.
Et chacun d'y aller de ses propres conseils et suggestions, malheureusement
inefficaces puisque le problème reste entier. Les
explications elles-mêmes sont brumeuses, tournant au bout du compte
toujours à la mise en cause de la personne qui souffre, soit parce qu'elle
affiche un certain embonpoint, ou bien qu'elle soit «stressée», ou qu'elle
exerce un métier prédisposant, à moins qu'elle ait subi des traumatismes, ou
qu'elle ne fasse pas assez d'exercices, ou encore qu'elle se tienne mal, etc. ,
etc....
Au
final, si vous avez mal au dos, c'est sûrement de votre faute, et si les gens
censés vous soigner n'y arrivent pas, ce n'est sûrement pas de la leur!
Au delà de cette caricature malheureusement pas si éloignée que cela de la réalité,
il convient d'essayer d'analyser un peu plus sérieusement les causes de ce
problème, pour en déduire un protocole plus pragmatique et efficace quant aux
soins proposés.
L'Homme fait partie de l'embranchement des primates, et sa spécificité par rapport à ses cousins anatomiquement très proches ( entre un gorille et nous il y a plus de 90% de patrimoine génétique en commun ), c'est qu'il est le seul à être debout en permanence. Cette station érigée lui a permis de libérer ses membres antérieurs, devenus de ce fait des membres supérieurs, de leur fonction d'appui. C'est ce qui a permis à nos mains de passer d'une fonction locomotrice à une fonction de préhension. Notre morphologie en a d'ailleurs été transformée, les membres supérieurs s'étant atrophiés, et les membres inférieurs, désormais les seuls à assurer la fonction d'appui, s'étant hypertrophiés.
Cette transformation a bien sûr également gagné le plan musculaire. Les très nombreux et très puissants muscles du dos, notamment au niveau cervico-scapulaire ( entre les omoplates et derrière la nuque) et au niveau lombaire ( région des « reins » ) se sont retrouvés être constamment sollicités en raccourcissement, devenant par là-même de plus en plus toniques et de moins en moins élastiques. Ce raccourcissement est dû à la position de la hanche qui se trouve toujours en extension (raccourcissement des grands fessiers, des ischio-jambiers et des muscles lombaires ) et à la position des bras le long du corps ( raccourcissement des grands dorsaux, des muscles situés entre les omoplates, des grands muscles tendus derrière la nuque, des trapèzes, etc.... ) En fait, à cause de la conformation particulière des muscles du dos, qui sont organisés en véritables chaînes musculaires dont les maillons se recouvrent tous les uns les autres comme les tuiles d'un toit, le raccourcissement de ces éléments du cou et de la région lombaire s'est propagé à l'ensemble de la chaîne postérieure en créant un déséquilibre sans cesse croissant, allant vers toujours plus de tonicité. De cette organisation particulière découle un problème précis : on ne peut pas solliciter un maillon de cette chaîne sans provoquer du même coup le raccourcissement des autres maillons. De ce fait, toute augmentation de la force, de la tonicité d'un des muscles du dos met à mal l'élasticité de l'ensemble. Et c'est ce manque d'élasticité qui provoque les douleurs et blocages quand un mouvement demande un allongement musculaire et que le muscle sollicité en allongement n'arrive plus à se laisser étirer, particulièrement dans les mouvements de flexion antérieure que l'on réalise couramment quand on est assis à un bureau ou que l'on se penche en avant .
Les muscles antérieurs, beaucoup moins nombreux, moins puissants et séparés les uns des autres, arrivent de moins en moins à jouer leur rôle d'antagonistes et deviennent, à l'inverse, de plus en plus relâchés. La colonne vertébrale, abondamment décrite dans la littérature tant médicale que de vulgarisation ( regardez vos revues de santé vous exposant l'anatomie des vertèbres et des disques ), n'est en fait pas responsable des douleurs ressenties.
Elle est une victime de ces tensions musculaires, et si l'on peut constater parfois des dégradations importantes de sa structure, comme l'arthrose ou les hernies discales, ce n'est qu'en conséquence d'un dysfonctionnement du dos qui existe depuis longtemps et qui n'a pas été traité, ou pas traité correctement.
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Elles sont également multiples, et quasiment jamais uniques. En fait nous sommes victimes d'une accumulation de petits éléments qui sont presque insignifiants quand ils sont considérés isolément, mais qui s'ajoutant les uns aux autres nous poussent à nous adapter en permanence et de plus en plus aux légers dysfonctionnements qu'ils provoquent. |
Au bout d'un certain temps ( souvent plusieurs années ), la douleur qui jusque là était de plus en plus fréquente et de plus en plus forte devient constante. Nos capacités d'adaptation, de compensation, sont épuisées. C'est à ce moment là que l'on consulte, à cause d'une situation qui se dégrade en fait depuis bien longtemps.
Toute
activité qui présente un risque de traumatisme, même minime, est susceptible
de participer à la dégradation de l'état de notre dos : en effet, si la
douleur liée à un traumatisme ( entorse, fracture, ou même simple contusion
...) finit toujours par disparaître, il n'en est pas de même pour les
contractures de défense qui se sont créées pendant ce traumatisme.
Ces contractures, la plupart du temps non ressenties, n'en hypothèquent pas
moins la fonction en diminuant peu à peu notre mobilité donc en favorisant la
survenue de plus en plus fréquente des «faux mouvements».
A ce
titre, le sport n'a pas toutes les vertus que l'on veut bien lui reconnaître.
Grand pourvoyeur de traumatismes s'il en est, ses avantages indéniables au
niveau de l'entretien des grandes fonctions se paient malheureusement par une
sollicitation très importante de notre système ostéo-musculaire, ce qui
conduit à l'augmentation de l'hypertonie du plan postérieur et aggrave donc le
déséquilibre musculaire qui préexiste déjà.
C'est pourquoi tous les sportifs se blessent si souvent, notamment les sportifs
de haut niveau malgré les soins très attentifs qui leur sont prodigués, et
ont tant de difficultés à entretenir une souplesse qui les fuit sans arrêt.
La voiture, quant à elle bien souvent mise en accusation, peut faire partie effectivement des vecteurs de problèmes, par les traumatismes éventuels bien sûr ( dont le célèbre « coup du lapin » ), mais aussi par le fait qu'elle induit des positions tenues parfois très longtemps, ce qui entraîne l'apparition de contractures musculaires d'abord gênantes, ensuite douloureuses.
Causes statiques : D'une manière générale, toute position tenue longtemps entraîne un raccourcissement musculaire qui peut menacer l'élasticité des muscles maintenus en position courte. C'est le cas pour certaines professions qui demandent des attitudes maintenues pendant de longs moments ( secrétaire, coiffeuse, musicien, ...) car le manque de mobilité enraidit très vite la musculature sollicitée.
Causes familiales : Il est certain qu'il y a des familles « à problèmes de dos ». Il est très difficile de déterminer à quel niveau le lien familial peut jouer. Y aurait-il un facteur héréditaire ? Rien n'est moins sûr. Tout au plus peut-on remarquer qu'il y a des familles dont les individus ont des muscles plus toniques, plus raides, ce qui est un facteur très prédisposant à l'apparition de douleurs rachidiennes.
Causes " psychologiques " : Le fameux stress a bon dos, c'est le cas de le dire. Il est certain que les conditions de la vie moderne ne réunissent pas toujours tous les ingrédients d'une détente générale, loin s'en faut. Pour autant faut-il systématiser le recours à cette explication trop commode pour être honnête ? Le stress est bien sûr un des facteurs de tension musculaire, certainement pas à négliger. Mais il est un élément parmi d'autres, et sûrement pas le plus déterminant. Enfin, il faut prendre garde à ne pas confondre : si de nombreuses personnes qui souffrent du dos peuvent paraître stressées, il n'est pas sûr que le stress ait été à l'origine des douleurs. Il est bien souvent une des conséquences, des plus pénibles d'ailleurs, d'un état de souffrance préexistant. En fait, la plupart du temps, le fait d'avoir mal au dos en permanence sans trouver de solutions est plus sûrement facteur de stress que l'inverse...
A suivre...